Nouvelle réglementation Européenne Anti-corruption

La nouvelle directive européenne anti-corruption est un texte majeur adopté définitivement par le Conseil de l’UE le 21 avril 2026. Elle vise à harmoniser les règles pénales anticorruption dans l’ensemble des États membres et à renforcer fortement les obligations des entreprises et des autorités publiques.
1. Une définition harmonisée de la corruption dans toute l’UE
La directive crée un socle commun d’infractions pénales applicables dans les 27 États membres.
Sont notamment concernés :
- corruption active et passive
- corruption publique et privée
- trafic d’influence
- détournement de fonds
- enrichissement illicite lié à des faits de corruption
- entrave à la justice
- abus de fonction
- dissimulation d’infractions liées à la corruption
L’objectif est d’éviter les écarts entre pays européens et de faciliter les enquêtes transfrontalières.
2. Des sanctions beaucoup plus lourdes pour les entreprises
La directive impose des seuils minimaux de sanctions.
Pour les personnes physiques :
- peines de prison pouvant aller de 3 à 5 ans selon l’infraction
Pour les entreprises :
amendes jusqu’à :
- 5 % du chiffre d’affaires mondial
- ou 40 millions d’euros
Des sanctions complémentaires sont également prévues :
- exclusion des marchés publics
- retrait d’autorisations
- obligations de remédiation
- surveillance renforcée
3. Un impact direct sur les programmes de conformité
C’est probablement le point le plus stratégique pour les directions conformité, juridique, achats et TPRM.
La directive pousse les entreprises à démontrer :
- l’existence d’un programme anticorruption structuré ;
- une cartographie des risques ;
- des contrôles internes ;
- des procédures de due diligence tiers ;
- des mécanismes d’alerte ;
- une gouvernance documentée.
Point important :
les programmes de conformité efficaces pourront être reconnus comme circonstances atténuantes lors des sanctions.
4. Une forte pression sur la gestion des tiers fournisseurs
La directive renforce indirectement les attentes sur :
- le Third Party Risk Management (TPRM)
- les évaluations fournisseurs
- la prévention du risque de corruption dans la chaîne d’approvisionnement
- les contrôles des intermédiaires et agents commerciaux
- les dispositifs de monitoring continu
Pour les entreprises françaises, cela vient compléter :
- Sapin II
- le devoir de vigilance
- CSRD
- les exigences ESG
- les obligations de conformité achats
5. Calendrier
- Accord politique : décembre 2025
- Vote du Parlement européen : mars 2026
- Adoption définitive par le Conseil : 21 avril 2026
- Publication officielle : avril 2026
- Transposition par les États membres : sous 24 mois (36 mois pour certains dispositifs).
Concrètement, les nouvelles obligations devraient être pleinement applicables autour de 2028.
Ce que cela change pour les entreprises
Les entreprises devront progressivement :
- renforcer leurs dispositifs anticorruption
- formaliser davantage les contrôles tiers
- documenter les processus de conformité
- démontrer une culture d’intégrité
- intégrer davantage les risques fournisseurs dans leurs politiques de gouvernance
Pour les acteurs du TPGRC / TPRM, cette directive va clairement accélérer :
- les projets de digitalisation conformité
- l’automatisation des due diligences
- les questionnaires tiers
- le scoring risque
- la surveillance continue des fournisseurs et partenaires
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