Mutualiser l’évaluation des tiers : un levier stratégique pour mieux gérer les risques fournisseurs

À l’heure où les exigences réglementaires se multiplient et où les chaînes d’approvisionnement deviennent toujours plus complexes, la mutualisation de l’évaluation des tiers fournisseurs s’impose comme une approche pragmatique et stratégique. Qu’il s’agisse d’organisations appartenant à un même groupe, à une même entité publique ou opérant dans un même secteur d’activité, partager les résultats d’évaluations de risques permet de gagner en efficacité, tout en renforçant la couverture globale des risques.
Des bénéfices concrets et mesurables
La mutualisation de l’évaluation des tiers représente un levier de performance immédiat pour les organisations. En partageant les résultats des analyses menées sur des fournisseurs communs, les équipes gagnent un temps précieux dans le traitement des dossiers. Le référencement des prestataires s’accélère, les relances sont réduites et les doublons évités. Résultat : des processus plus fluides, des équipes recentrées sur des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Au-delà du temps, ce sont aussi les coûts d’évaluation qui diminuent. Chaque organisation n’a plus à porter seule l’effort de collecte, de vérification et d’analyse documentaire. La centralisation et la réutilisation des données permettent de réduire les charges liées aux tâches administratives et de fiabiliser les contrôles.
Cette approche collaborative contribue également à une meilleure qualité de l’évaluation des tiers. Grâce à des informations consolidées et partagées, le scoring est plus robuste, plus objectif. Les signaux faibles sont identifiés plus tôt et les risques mieux couverts.
Autre atout : l’alignement réglementaire. En s’appuyant sur des critères communs, les organisations renforcent leur conformité face aux exigences légales (comme le devoir de vigilance, la lutte contre le travail dissimulé ou le RGPD) tout en harmonisant leurs pratiques d’analyse.
Enfin, cette stratégie envoie un signal fort à l’interne comme à l’externe. En démontrant une approche rigoureuse et collaborative de la gestion des fournisseurs, les entreprises valorisent leur engagement RSE, renforcent leur image de conformité et répondent aux attentes croissantes de transparence de leurs parties prenantes.
La mutualisation possible tant dans le secteur Public que Privé
Dans le secteur public, la mutualisation de l’évaluation des tiers est un levier essentiel pour optimiser les ressources tout en garantissant la conformité aux obligations réglementaires. Des entités comme un SDIS, un Département ou une Région peuvent partager des fournisseurs communs sans forcément avoir les mêmes moyens ou expertises internes. En mutualisant l’analyse des risques — qu’il s’agisse de conformité documentaire, de cybersécurité ou de critères RSE — les acheteurs publics gagnent en efficacité opérationnelle, réduisent les délais de traitement, tout en assurant une traçabilité rigoureuse des vérifications, dans le respect du Code de la commande publique.
Dans le secteur privé, mutualiser l’évaluation des fournisseurs permet aux entreprises d’un même groupe ou d’un même secteur de renforcer leur compétitivité tout en maîtrisant leurs risques opérationnels et réputationnels. En s’appuyant sur des données partagées et des référentiels communs, les directions achats, conformité ou RSE peuvent accélérer le référencement, réduire les coûts d’audit et améliorer la qualité du scoring. Cette approche collaborative favorise aussi l’alignement réglementaire et envoie un signal fort à l’écosystème : celui d’une entreprise responsable, qui agit collectivement pour sécuriser sa chaîne de valeur.
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Mutualisation intersectorielle : un potentiel encore sous-exploité
Au-delà des périmètres organisationnels classiques, la mutualisation entre entreprises d’un même secteur ouvre des perspectives intéressantes. Des acteurs industriels, du BTP ou de la grande distribution peuvent ainsi se regrouper pour évaluer collectivement leurs fournisseurs communs. Une véritable logique de corporation sectorielle qui, à terme, pourrait améliorer significativement la qualité des référencements tout en évitant les doublons.
Le rôle structurant des plateformes TPRM
Les plateformes de gestion des risques tiers (TPRM) jouent un rôle clé dans cette dynamique. Elles permettent de centraliser les données, d’automatiser les vérifications, de partager des évaluations selon des règles de gouvernance définies, et de tracer les décisions prises. Grâce à elles, les organisations peuvent travailler sur des bases harmonisées, avec des règles communes d’analyse, tout en gardant la main sur leurs propres critères de décision.

Quels types de risques peuvent être mutualisés ?
La mutualisation est particulièrement pertinente sur des risques standardisables et documentés, tels que :
- Les risques documentaires et réglementaires (travail dissimulé, conformité RGPD, respect des obligations RSE)
- Les risques cybersécurité, avec des questionnaires et des scans techniques mutualisés
- Les risques éthiques, environnementaux et liés aux droits humains, de plus en plus surveillés dans les chaînes d’approvisionnement
- Le risque de défaillance financière qui est commun à tous les tiers.
Quelles conditions de succès ?
La réussite d’un projet de mutualisation repose sur plusieurs leviers clés :
- Interopérabilité des systèmes d’information, pour faciliter les échanges de données
- Engagement des parties prenantes (acheteurs, juristes, responsables conformité…), qui doivent se mettre d’accord sur des référentiels communs
- Accompagnement au changement, indispensable pour adopter de nouvelles pratiques de travail collaboratives
- Accompagnement au changement
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