TPRM & silos organisationnels : comment décloisonner l’entreprise

TPRM silos organisationnels : dans de nombreuses entreprises, les silos organisationnels restent une réalité tenace. Les fonctions Achats, Juridique, Compliance, Finance ou encore IT continuent trop souvent à fonctionner comme des entités indépendantes, chacune avec ses outils, ses priorités et ses indicateurs. Malgré des années d’efforts de digitalisation, ces cloisonnements internes persistent et freinent la performance globale des organisations.
Ce fonctionnement en silos n’est pas sans conséquence. Il complexifie les processus, allonge les délais de décision et crée des zones de flou dans les responsabilités. Une étude de McKinsey montre d’ailleurs que les organisations favorisant une collaboration fluide entre les équipes peuvent être jusqu’à 25 % plus productives que celles travaillant en silos. Ce chiffre, à lui seul, illustre à quel point l’enjeu est stratégique.
TPRM silos organisationnels : des silos longtemps tolérables… mais plus aujourd’hui
Pendant longtemps, ces dysfonctionnements ont pu être partiellement absorbés. Dans un environnement relativement stable, avec des risques identifiés et maîtrisés, les organisations pouvaient continuer à fonctionner malgré des frictions internes. Les pertes de temps, les doublons ou les arbitrages tardifs étaient considérés comme un “coût normal” du fonctionnement des grandes structures.
Mais ce contexte a radicalement changé.
L’environnement économique, réglementaire et géopolitique est désormais marqué par une instabilité structurelle. Les risques climatiques s’intensifient et impactent directement les chaînes d’approvisionnement. Les tensions géopolitiques redessinent les relations commerciales et augmentent l’exposition aux sanctions, aux ruptures d’approvisionnement ou aux risques de réputation. Les exigences réglementaires se multiplient, notamment sur les sujets de conformité, d’éthique, de cybersécurité ou de responsabilité environnementale.
À noter
L’année 2026 s’inscrit clairement dans cette dynamique d’accélération des risques.
Les entreprises doivent continuer à opérer, livrer, produire et innover dans un environnement plus contraint, plus volatil et plus exigeant. Dans ce contexte, les silos organisationnels ne sont plus seulement inefficaces : ils deviennent dangereux.
La surcharge mentale, symptôme invisible des silos
Au-delà des impacts opérationnels, les silos génèrent une surcharge mentale importante pour les équipes. Chacun doit composer avec des informations partielles, des circuits de validation complexes et une visibilité limitée sur les décisions prises ailleurs dans l’organisation. Les collaborateurs passent du temps à chercher l’information, à relancer d’autres services et leurs fournisseurs ou à reconstituer des historiques dispersés.
Cette charge mentale détourne les équipes de leur véritable valeur ajoutée. Au lieu de se concentrer sur l’analyse des risques, l’anticipation des crises ou l’amélioration des processus, elles consacrent une énergie considérable à gérer la complexité interne. Dans un environnement déjà sous tension, ce modèle n’est plus soutenable.
Pourquoi la gestion des risques fournisseurs cristallise le problème
La gestion des risques liés aux tiers fournisseurs est l’un des domaines où les silos sont les plus visibles — et les plus coûteux. Les Achats pilotent la relation commerciale, le Juridique gère les contrats, la Compliance surveille les obligations réglementaires, la Finance analyse la solvabilité et l’IT s’inquiète des risques cyber. Chacun agit avec ses propres outils et ses propres référentiels.
Résultat : une vision fragmentée du risque fournisseur, des évaluations redondantes, des décisions tardives et parfois contradictoires. Dans certains cas, un fournisseur peut être validé commercialement tout en présentant un risque critique sur le plan réglementaire ou éthique, sans que l’information circule correctement.
C’est précisément à ce niveau que le Third-Party Risk Management (TPRM) prend tout son sens.
Le TPRM comme levier de décloisonnement
Le TPRM ne se limite pas à un outil de conformité ou à un dispositif de contrôle documentaire. Bien conçu, il devient un véritable socle transverse au service de l’organisation. Il centralise l’information, structure les processus et aligne les différentes fonctions autour d’une vision commune du risque tiers.
En mettant en place un référentiel unique des fournisseurs, partagé par l’ensemble des parties prenantes, le TPRM supprime une grande partie des frictions organisationnelles. Les données ne sont plus dupliquées, les responsabilités sont clarifiées et les décisions reposent sur une information fiable et actualisée.
Les workflows transverses permettent également de fluidifier les échanges entre services. Chacun intervient au bon moment, selon son rôle, sans rupture dans la chaîne de décision. Le risque n’est plus traité en silos successifs, mais de manière coordonnée et continue.

De la gestion du risque à la confiance organisationnelle
L’un des apports majeurs du TPRM est de faire évoluer la gestion des risques fournisseurs vers un modèle de confiance organisationnelle. Les équipes ne passent plus leur temps à vérifier, contrôler ou justifier des décisions prises ailleurs. Elles s’appuient sur un cadre partagé, des règles claires et des indicateurs communs.
Cette confiance repose sur trois piliers : la transparence de l’information, la traçabilité des décisions et l’automatisation des contrôles de premier niveau. En réduisant les tâches manuelles et les échanges informels, le TPRM libère du temps et de l’énergie pour se concentrer sur les risques réellement critiques.
Un prérequis pour affronter les défis à venir
Les risques externes vont continuer à s’intensifier, les entreprises n’ont plus le luxe de fonctionner en silos. La capacité à anticiper, à décider rapidement et à coordonner les actions devient un avantage concurrentiel majeur.
Le TPRM s’impose alors comme un levier structurant, bien au-delà de la conformité. Il permet de décloisonner les organisations, de réduire la charge mentale des équipes et de sécuriser les relations fournisseurs dans la durée. En effaçant les silos, il redonne aux entreprises ce dont elles ont le plus besoin aujourd’hui : de la lisibilité, de l’agilité et de la confiance.
Passez à une gestion proactive dès aujourd’hui !
Avec Aprovall360, bénéficiez d’une solution intuitive et puissante, adaptée aux exigences des secteurs les plus réglementés. Ne subissez plus les risques : anticipez-les, mesurez-les et pilotez-les en toute confiance.
Ces articles pourraient vous intéresser
-
17 février 2025Due diligence fournisseurs : une nécessité dans la gestion des risquesSolutionsLa due diligence fournisseurs est devenue un pilier essentiel de la gouvernance tiers dans un contexte où environ 50% des fusions échouent en raison d’une évaluation insuffisante des partenaires. Cette approche structurée d’évaluation collaborative permet aux organisations de construire une résilience opérationnelle tout en garantissant leur conformité réglementaire. Le processus de diligence raisonnable s’appuie sur […]Lire plus
-
19 mars 2025Transformation digitale et gouvernance des tiers : une nouvelle ère pour la gestion des risquesSolutionsLa transformation digitale redéfinit profondément la manière dont les entreprises gèrent leurs relations avec les partenaires tiers. Dans ce contexte en évolution rapide, la gouvernance des tiers prend une importance stratégique cruciale, passant d’une simple collecte documentaire à une évaluation collaborative de la conformité. Cette transition s’inscrit dans un mouvement plus large, celui du Third […]Lire plus
-
16 décembre 2025Comment le TPRM maximise la gestion des fournisseurs de classe C ?SolutionsLe Paradoxe des fournisseurs de Classe C Dans la plupart des organisations, la gestion des fournisseurs de classe C repose sur un paradoxe bien connu : ils ne représentent qu’environ 20 % du montant total des achats, mais absorbent près de 80 % du temps des équipes. Ces fournisseurs, souvent non stratégiques et hors production, […]Lire plus
-
13 janvier 2026TPRM européen tout-en-un : répondre à RGPD, NIS2, DORA & CSRDSolutionsTPRM européen : la gestion des risques liés aux tiers (Third-Party Risk Management – TPRM) est devenue un enjeu structurant pour les entreprises européennes. L’augmentation des exigences réglementaires, la dépendance croissante aux fournisseurs critiques et la multiplication des incidents cyber placent les tiers au cœur de la gestion des risques. Dans ce contexte, une approche […]Lire plus