Le secteur du BTP active 88 % de 11 000 fournisseurs via Ivalua + Aprovall : ce que ce taux dit vraiment de la bataille mutualisation vs spécialisation des plateformes

Dans le secteur du BTP, la gestion des fournisseurs et sous-traitants est devenue un enjeu stratégique majeur. Les grands groupes doivent aujourd’hui piloter des dizaines de milliers de tiers répartis sur des activités très diverses : construction, infrastructures, énergie, concessions ou encore maintenance.
Cette complexité opérationnelle s’accompagne d’une pression réglementaire croissante autour :
- de la conformité documentaire,
- du devoir de vigilance,
- de la lutte contre le travail dissimulé,
- de la cybersécurité,
- des enjeux ESG,
- et de la traçabilité des sous-traitants.
Face à ces enjeux, une question structure désormais le marché des plateformes achats et TPRM : faut-il tout centraliser dans une plateforme SRM unique ou s’appuyer sur des solutions spécialisées capables de s’intégrer aux outils achats existants ?
Le retour d’expérience du groupe Eiffage apporte un éclairage particulièrement intéressant sur cette évolution. En intégrant Aprovall à Ivalua, le groupe a atteint un taux d’activation de 88 % sur 11 000 tiers suivis dans son SRM.
Ce chiffre dépasse largement une simple métrique projet. Il révèle en réalité une tendance de fond dans le secteur : les entreprises recherchent désormais un équilibre entre mutualisation des processus et spécialisation fonctionnelle.
Pourquoi le BTP est l’un des secteurs les plus complexes à piloter en TPRM
Le secteur du BTP possède plusieurs particularités qui rendent la gestion des tiers extrêmement sensible.
Les grands groupes travaillent simultanément avec :
- des fournisseurs,
- des sous-traitants,
- des intérimaires,
- des co-traitants,
- des bureaux d’études,
- et des prestataires techniques.
À cela s’ajoutent :
- des chantiers multi-sites,
- des contraintes réglementaires fortes,
- des enjeux de sécurité,
- des exigences documentaires importantes,
- et des chaînes de sous-traitance parfois très longues.
Eiffage illustre parfaitement cette complexité avec environ 70 000 fournisseurs et sous-traitants répartis dans plusieurs métiers du groupe.
Dans ce contexte, les entreprises doivent gérer plusieurs problématiques simultanément :
- sécuriser les contrats de sous-traitance,
- vérifier la conformité légale,
- centraliser les documents,
- limiter les risques fournisseurs,
- et fluidifier les parcours utilisateurs.
Le vrai problème des grands groupes : la fragmentation des plateformes
Pendant plusieurs années, de nombreuses entreprises ont empilé les outils :
- une plateforme achats,
- un portail fournisseurs,
- une GED,
- des outils de conformité,
- des solutions de collecte documentaire,
- des workflows internes,
- et parfois des fichiers Excel complémentaires.
Résultat : les fournisseurs doivent souvent s’inscrire sur plusieurs plateformes différentes selon les entités ou les métiers.
C’est précisément la situation à laquelle Eiffage faisait face avant le projet de transformation. Le groupe collectait déjà les documents légaux de ses fournisseurs, mais via des plateformes multiples et hétérogènes selon les entités.
Cette organisation entraînait plusieurs conséquences :
- des demandes redondantes,
- un manque de mutualisation des pièces,
- une faible visibilité groupe,
- des coûts outils élevés,
- et une mauvaise expérience fournisseur.
Les équipes internes devaient également composer avec des données non consolidées et difficilement exploitables.
Pourquoi la mutualisation devient un enjeu stratégique
Dans les grandes organisations du BTP, les fournisseurs travaillent souvent avec plusieurs filiales ou métiers du même groupe.
Sans mutualisation, un même fournisseur peut devoir transmettre plusieurs fois les mêmes documents :
- attestations URSSAF,
- assurances,
- Kbis,
- certifications,
- documents RSE,
- ou pièces administratives.
Cette logique devient rapidement inefficace à grande échelle.
La mutualisation permet justement :
- de collecter une seule fois les documents,
- de partager l’information entre les métiers,
- de fiabiliser les données,
- et de réduire fortement la charge administrative.
Chez Eiffage, l’objectif était clairement de centraliser les documents fournisseurs au niveau groupe afin qu’ils soient accessibles à l’ensemble des métiers.
Le résultat est particulièrement intéressant : les documents sont désormais mutualisés à l’échelle du groupe tout en restant accessibles directement depuis l’environnement métier quotidien des équipes.
Pourquoi les plateformes SRM évoluent vers des écosystèmes spécialisés
Pendant longtemps, les plateformes SRM ont cherché à couvrir l’ensemble des besoins achats et fournisseurs dans une logique “suite unique”.
Mais les enjeux TPRM et conformité deviennent aujourd’hui beaucoup plus spécialisés.
Les entreprises ont désormais besoin :
- de règles documentaires complexes,
- de workflows réglementaires avancés,
- de contrôles spécifiques selon les pays,
- de moteurs de conformité,
- de gestion documentaire dynamique,
- et d’automatisation avancée.
Ces fonctionnalités nécessitent souvent une expertise métier très spécifique difficile à reproduire dans une plateforme généraliste unique.
C’est précisément ce que montre l’approche Eiffage : plutôt que de remplacer Ivalua, le groupe a choisi d’intégrer une solution spécialisée directement dans son SRM existant.
Cette stratégie révèle une tendance forte du marché : les entreprises ne veulent plus choisir entre spécialisation et expérience utilisateur.
Elles cherchent désormais :
- une expérience unifiée,
- intégrée aux outils métier,
- mais alimentée par des briques expertes capables de gérer des cas d’usage complexes.
Le taux d’activation de 88 % : un indicateur beaucoup plus stratégique qu’il n’y paraît
Dans les projets fournisseurs, les taux d’adoption sont souvent sous-estimés.
Pourtant, ils constituent l’un des meilleurs indicateurs de réussite.
Un portail fournisseur peut être techniquement performant mais échouer complètement si :
- les fournisseurs refusent de l’utiliser,
- les parcours sont trop complexes,
- les demandes sont redondantes,
- ou les interfaces trop fragmentées.
Dans le cas d’Eiffage, le taux d’activation de 88 % sur 11 000 tiers constitue un signal extrêmement fort.
Ce chiffre montre plusieurs choses :
1. La simplicité fournisseur devient prioritaire
Les fournisseurs veulent éviter :
- les multiples inscriptions,
- les interfaces différentes,
- les doubles saisies,
- et les demandes répétitives.
Le modèle mutualisé répond directement à cette problématique.
2. L’intégration native améliore fortement l’adoption
Les équipes internes ne souhaitent pas multiplier les outils.
L’intégration directe dans Ivalua permet aux utilisateurs d’accéder aux données sans changer leurs habitudes métier.
C’est un point fondamental dans les projets TPRM : plus le parcours est transparent, plus l’adoption est forte.
3. La spécialisation crée davantage de valeur métier
Les plateformes spécialisées apportent des fonctionnalités beaucoup plus avancées sur certains périmètres :
- conformité documentaire,
- workflows réglementaires,
- automatisation,
- mutualisation,
- ou collecte intelligente.
Cette valeur fonctionnelle améliore directement la qualité des données et la fluidité opérationnelle.
Eiffage souligne notamment l’amélioration significative de la qualité des données fournisseurs grâce à cette approche.
Vers un modèle hybride entre plateforme SRM et solutions spécialisées
Le marché des plateformes achats entre progressivement dans une nouvelle phase de maturité.
Pendant des années, les entreprises recherchaient principalement :
- la consolidation,
- l’harmonisation,
- et la standardisation des outils.
Aujourd’hui, les attentes évoluent.
Les grands groupes veulent :
- conserver une expérience unifiée,
- tout en intégrant des briques spécialisées capables de répondre à des enjeux complexes.
Le modèle qui semble émerger repose donc sur :
Une plateforme cœur
Le SRM ou ERP reste la colonne vertébrale des processus achats et fournisseurs.
Dans le cas d’Eiffage, Ivalua joue ce rôle central.
Des solutions spécialisées interconnectées
Autour de cette plateforme centrale gravitent des solutions expertes capables de gérer :
- la conformité documentaire,
- le TPRM,
- les évaluations ESG,
- la cybersécurité,
- ou encore le devoir de vigilance.
Une expérience utilisateur transparente
L’utilisateur final ne doit pas avoir le sentiment d’utiliser plusieurs outils différents.
L’intégration devient donc un facteur stratégique majeur.
C’est précisément ce qu’explique Eiffage en soulignant que les processus sont sécurisés “sans changer les habitudes des équipes”.
Pourquoi le BTP accélère cette transformation plus vite que d’autres secteurs
Le secteur du BTP fait partie des environnements les plus avancés sur ces problématiques pour plusieurs raisons :
- forte pression réglementaire,
- volume massif de sous-traitance,
- risques juridiques élevés,
- exigences documentaires permanentes,
- et forte sensibilité opérationnelle.
La moindre faille documentaire peut entraîner :
- des risques légaux,
- des retards chantier,
- des sanctions,
- ou des interruptions opérationnelles.
Les groupes du BTP ont donc besoin :
- d’une collecte documentaire extrêmement fluide,
- d’une forte automatisation,
- d’une visibilité groupe,
- et d’une expérience fournisseur simplifiée.
La mutualisation devient alors non seulement un sujet technologique, mais aussi un levier de performance opérationnelle.
Les enseignements du projet Eiffage pour les grandes organisations
Le retour d’expérience d’Eiffage dépasse largement le simple cadre d’un projet de conformité documentaire.
Il montre surtout que les grandes entreprises cherchent désormais à concilier :
- mutualisation des données,
- spécialisation fonctionnelle,
- simplicité fournisseur,
- et intégration transparente.
Le taux d’activation de 88 % obtenu sur 11 000 fournisseurs suivis illustre parfaitement cette évolution.
Les projets TPRM les plus performants ne sont plus ceux qui imposent une nouvelle plateforme aux fournisseurs ou aux équipes internes.
Ce sont ceux qui :
- simplifient les parcours,
- centralisent intelligemment les données,
- réduisent les redondances,
- et s’intègrent naturellement aux outils existants.
Dans cette bataille entre mutualisation et spécialisation, le marché semble désormais converger vers un modèle hybride : une plateforme cœur enrichie par des solutions expertes capables d’apporter une vraie valeur métier.
Le secteur du BTP, confronté à des volumes massifs de tiers et à des exigences réglementaires élevées, est probablement l’un des premiers à matérialiser cette transformation.
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